L’été brûle, l’État recule : À Nanterre, faire du droit à la fraîcheur une priorité

 L’été brûle, l’État recule : À Nanterre, faire du droit à la fraîcheur une priorité

Le mois de juin 2025 a été le plus chaud jamais enregistré en Europe de l’Ouest. En France, seul juin 2003 le dépasse. Des températures exceptionnellement élevées, des records battus dès le printemps, et surtout, des nuits qui ne rafraîchissent plus : les signes du dérèglement climatique s’accumulent, et ils sont clairs.

Les scientifiques ne cessent d’alerter : ces phénomènes ne sont plus des anomalies. Ils deviennent la norme dans un climat qui se dérègle à grande vitesse. Sans le changement climatique, la dernière canicule aurait été jusqu’à 4 °C moins intense. Derrière les chiffres, ce sont des vies fragilisées : personnes âgées, enfants, travailleurs exposés et des écosystèmes qui peinent à suivre.

Et nous ne sommes pas tous égaux face à cette réalité. La canicule met en lumière une profonde injustice climatique. Les quartiers populaires, plus minéralisés, subissent plus intensément les îlots de chaleur urbains : dans les grandes villes, l’écart de température entre un parc et un quartier dense peut atteindre 8 °C. Et l’inégalité ne s’arrête pas là. Quand on vit dans un logement mal isolé, sans accès à un espace vert, on subit plus durement les vagues de chaleur.

Ce constat oblige : agir pour le climat n’est plus une option, c’est une urgence. La puissance publique doit répondre. Pas seulement avec des bons gestes ou des appels à « l’éco-responsabilité », mais avec des politiques ambitieuses, ciblées et structurantes. Cela passe par des politiques de sobriété énergétique, par une adaptation des villes à la chaleur, par une justice sociale qui place la protection des plus vulnérables au cœur des priorités. 

Si à court terme, la climatisation peut sauver des vies, elle ne saurait être une solution pérenne : elle aggrave, à terme, le problème qu’elle tente de pallier. Il faut donc rendre nos logements, les lieux de travail et d’étude plus résilients. Adapter les horaires de travail pour éviter les heures les plus chaudes, végétaliser massivement les cours d’école, les places, les toits, les façades. Multiplier les fontaines, les points d’eau, les refuges climatiques. Offrir à toutes et tous l’accès à des îlots de fraîcheur, publics, accessibles, inclusifs.

Mais cela suppose des moyens. Or, alors que le Haut Conseil pour le Climat appelle à « relancer l’action climatique en France », le pouvoir en place tergiverse, temporise, abandonne. La suspension du dispositif « MaPrimeRénov’ », pourtant largement plébiscité, en est la preuve. Où sont les investissements de justice écologique ? Où est la stratégie de l’État pour accompagner les territoires ?

Refuser l’injustice climatique, c’est refuser que le droit à la fraîcheur devienne demain un privilège. C’est bâtir une ville où chacun a droit à un environnement digne, vivable et respirable. Ce combat, nous le mènerons avec détermination. Face à une canicule qui s’intensifie et une réponse gouvernementale qui faiblit, nous devons faire entendre une autre voie : celle de la justice, de l’égalité, de la protection de toutes et tous.

Enfin, comment parler de justice climatique sans rendre hommage à celles et ceux qui, ici à Nanterre, en sont les acteurs essentiels ? Nous adressons toute notre reconnaissance aux agents qui assurent, chaque jour, la continuité du service public. À Nanterre, nous avons la chance de pouvoir compter sur ces femmes et ces hommes qui veillent sur les tout-petits dans les crèches, accompagnent nos aînés dans les maisons de retraite, entretiennent nos parcs, nos jardins et nos écoles. Par leur engagement quotidien, ils permettent à notre société de tenir bon, y compris face aux épisodes climatiques les plus extrêmes.

Stéphanie LAMORA

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