Faire prévaloir le droit dans un monde qui vacille

 Faire prévaloir le droit dans un monde qui vacille

Depuis plusieurs décennies, l’ordre mondial fondé sur le respect de la souveraineté des peuples et du droit international est présenté comme le garant de la paix et de la coopération internationale. Or, malgré les cadres juridiques forgés au lendemain des deux guerres mondiales, une logique de puissance réapparaît, remettant en cause des règles pourtant destinées à préserver la stabilité internationale et l’autodétermination des peuples.

Quand Washington privilégie la force au multilatéralisme

L’année 2026 s’ouvre sur un tournant préoccupant qui illustre cette dérive : l’intervention des États-Unis au Venezuela. Dans la nuit du 3 janvier, Washington a mené des opérations militaires et procédé à l’arrestation du président Vénézuélien Nicolás Maduro, sous couvert de la lutte contre le narcotrafic. Cette opération constitue une violation grave du droit international et de la souveraineté du Venezuela, contraire aux principes de non-ingérence et à la Charte des Nations unies que les États-Unis prétendent pourtant défendre.

Ce rappel du droit ne signifie en aucun cas l’aveuglement face aux responsabilités du régime de Caracas ni aux violations internes des droits humains. Il s’agit de rappeler une exigence fondamentale : la fin ne justifie pas n’importe quel moyen, et l’usage unilatéral de la force fragilise l’ordre international tout entier.

De la même manière, les provocations répétées du président américain autour de la question du Groenland, en suggérant la vente ou le contrôle d’un territoire habité et doté d’institutions démocratiques propres, confirment une vision du monde où les rapports de force l’emportent sur l’autodétermination des peuples et le respect des cadres juridiques existants. Ces propos sont inacceptables : le Groenland n’est ni une marchandise ni un objet de transaction, et son avenir ne peut être décidé que par son peuple, dans le strict respect du droit international.

Iran : soutenir le peuple sans renoncer au droit international

Depuis le mois de décembre, des mouvements massifs de la société iranienne portent des aspirations profondes à la liberté, à la justice et à la dignité humaine. Face à une répression brutale des forces de sécurité, qui a déjà causé des centaines de morts et des milliers d’arrestations, le Parti socialiste appelle à soutenir le peuple iranien et à renforcer les mécanismes internationaux de protection des droits humains, dans le respect du droit international humanitaire.

Cette position incarne une tension fondamentale : comment conjuguer la solidarité avec les aspirations démocratiques d’un peuple et le principe de non-ingérence qui structure le droit international ? Pour nous, la réponse est claire. Il ne s’agit ni d’une intervention militaire au nom d’une morale universelle, ni d’une passivité complice, mais d’une mobilisation résolue de la communauté internationale, de sanctions ciblées contre les responsables de la répression, et du soutien à des processus politiques libres, pluralistes et souverains, sans domination étrangère.

Faire prévaloir le droit international : un combat politique et moral

Dans un monde où l’emploi de la force redevient une tentation, il est plus que jamais nécessaire de refuser la loi du plus fort. La réponse politique doit être claire : réaffirmer le primat du droit, renforcer les institutions multilatérales, et soutenir les mouvements populaires qui aspirent à la dignité, tout en condamnant les tentations impérialistes et les dérives autoritaires. Les Socialistes français sont convaincus que face aux logiques de domination, seule une réponse collective, européenne et multilatérale permettra de préserver la paix, la stabilité et la dignité des relations internationales.

Les élus socialistes et progressistes de Nanterre

Didier DEBORD, Stéphanie LAMORA, Thérèse NGIMBOUS BATJÔM, Joseph NONGA, Nesrine REZZAG BARA, Vincent Soulage, Rachid TAYEB.

 

 

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