Conseil municipal du 8 décembre – Intervention de Vincent Soulage
Monsieur le Maire,
Chers collègues,
Présenter le Rapport Social Unique, ce n’est pas seulement commenter des tableaux et des courbes. C’est parler concrètement de ses agents, de celles et ceux qui font vivre le service public au quotidien, dans nos écoles, dans nos rues, dans nos centres sociaux, dans nos équipements culturels.
À Nanterre, le service public est un choix politique. Nous sommes fiers de notre fonction publique locale, fiers de son engagement, fiers de sa loyauté au projet que nous portons.
Alors que partout en France, les services publics sont mis sous pression, affaiblis, externalisés, à Nanterre, nous faisons un autre choix : le choix de l’humain et de la continuité du service public, malgré les restrictions et l’austérité imposée d’en haut.
Les faits sont là, si on prend le temps de se plonger dans cet épais rapport.
D’abord, 47 % du budget de fonctionnement est consacré aux agents. Oui, c’est un investissement important, et nous l’assumons pleinement. C’est le prix d’une ville qui refuse la dématérialisation brutale, les guichets fermés, les services externalisés.
Nous l’assumons sans méconnaitre les contraintes budgétaires. Depuis plusieurs années, notre municipalité mène des efforts continus pour stabiliser le nombre d’agents. Ainsi, ce sont essentiellement par des redéploiements que nous avons pu engager les évolutions nécessaires de la politique municipale.
Ensuite, notre ville compte 3 325 agents, dont 67 % de femmes. Ce n’est pas un hasard mais le fruit d’une politique volontariste d’égalité et de recrutement. Cette politique se traduit par un index d’égalité professionnelle à un niveau plutôt élevé de 81/100.
Les écarts salariaux révélés par le RSU nous invitent à poursuivre le travail engagé, avec méthode et détermination, parce que l’égalité n’est pas un slogan : c’est une exigence.
Nous avons encore des progrès à faire concernant les taux de promotion. Mais, en guise de clin d’œil, je me permets de rappeler que nous sommes pénalisés par une proportion trop élevé de femmes parmi les plus hautes rémunérations, situation bien rare.
J’ajoute que, dans un contexte où l’État étrangle financièrement les collectivités, nous avons maintenu une politique d’avancement ambitieuse :
- Près de la moitié des agents ont bénéficié d’avancements d’échelon (47,7%)
- 13% d’avancements de grade,
- 83 titularisations.
Ce choix, d’autres ne l’auraient pas fait. Nous, oui. Parce que respecter les agents, ce n’est pas négociable.
Enfin, les données sur l’âge, les mobilités et les contraintes opérationnelles montrent la nécessité d’anticiper. Avec un âge moyen de 47 ans, et qui augmente, il est indispensable d’anticiper le renouvellement du personnel municipal, parce que l’avenir du service public se prépare maintenant.
En complément, les chiffres sur l’absentéisme et les accidents sont des indicateurs précieux pour orienter notre action RH sur les organisations de travail et en faveur des métiers les plus physiquement sollicités.
Je conclurai en redisant qu’à Nanterre, nous croyons que le service public n’est pas un coût : c’est un investissement social, humain, et démocratique.
Nous croyons que le respect des agents n’est pas une option : c’est la condition d’un service public de qualité.
Nous croyons que la justice sociale ne se décrète pas : elle se construit, année après année, en agissant à partir des chiffres comme ceux du RSU.
Merci.