Face au retrait des États-Unis, l’Europe doit s’unir pour défendre sa souveraineté

 Face au retrait des États-Unis, l’Europe doit s’unir pour défendre sa souveraineté

Depuis son investiture le 20 janvier 2025, le président des États-Unis, Donald Trump, a signé 83 décrets en 50 jours, soit une moyenne de plus d’un décret par jour. Sous l’oeil des caméras et face à ses électeurs, il fait de la politique un spectacle, où la mise en scène médiatique prend le pas sur l’action politique.
Remises en cause des législations protégeant les minorités ethniques et de genre, révocation des décrets sécurisant l’accès à la pilule abortive et les données personnelles des femmes recourant à l’IVG, suppression de budget pour les universités et le service fédéral de l’éducation…Le Président Trump s’attèle à détricoter les services publics mais aussi à sortir des engagements pris par l’administration précédente. Ces coupes budgétaires et ces prises de décisions liberticides compromettent et affaiblissent encore davantage la protection des droits des personnes et notamment des plus vulnérables.

Sur la scène internationale, les décrets du président Trump visent à désengager les États-Unis d’organisations liées aux Nations Unies telles que l’Organisation mondiale de la santé. Ils réduisent drastiquement (de 92 %) l’aide internationale américaine, impactant 42 % du budget mondial de l’aide humanitaire, soit environ 41 milliards d’euros par an. Cette décision affaiblit la capacité d’intervention des acteurs humanitaires à l’échelle globale. Et comment voir en Trump un artisan de paix au Proche-Orient quand il propose ni plus ni moins que de déporter les habitants de Gaza ?

Quelle tristesse de voir un pays allié mettre en oeuvre avec une telle rapidité une politique contraire à toutes les valeurs que défend notre ville. Ces décisions de l’administration Trump sont certes lointaines, mais pas sans effet sur les Nanterriens. Les associations de solidarité, nombreuses dans notre ville, seront victimes par ricochet de la réduction drastique de l’aide internationale. Dans les mois à venir, des projets de mobilité étudiante et de coopération universitaire seront entravés.

L’arrivée au pouvoir de Donald Trump a également eu des répercussions sur la guerre en Ukraine. Bien qu’il se dise favorable à la paix, celle-ci semble impliquer des concessions territoriales au profit de la Russie de Vladimir Poutine. Depuis plusieurs semaines, le président américain exerce une forte pression sur son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, qu’il a d’ailleurs publiquement humilié lors d’une conférence de presse dans le bureau ovale. Donald Trump va jusqu’à demander l’exploitation des ressources du sous-sol ukrainien pour se “rembourser” de l’aide américaine, une véritable violation économique. Il va même jusqu’à suspendre toutes les livraisons d’armes et de munitions pour contraindre Kiev à accepter
un cessez-le-feu.

Longtemps exclus des négociations, l’Ukraine et les pays européens doivent prendre en main leur propre sécurité et cesser de confier leur défense à un allié dont la fiabilité est désormais incertaine. Si l’Ukraine venait à tomber, en tout ou en partie, les États de l’Union européenne deviendraient les prochaines cibles des ambitions du Kremlin. Résolument engagés à défendre les frontières européennes, nous, socialistes, portons l’ambition d’une défense commune, fondée sur l’union de nos moyens et la coordination de nos efforts, pour dépasser les divisions et assurer la souveraineté de l’Europe.

Plus que jamais, l’Europe doit s’unir et affirmer sa puissance avec détermination. C’est une condition indispensable pour influencer les équilibres mondiaux.

Vincent Soulage

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