Après Bayrou, changer de cap pour sortir de l’impasse

 Après Bayrou, changer de cap pour sortir de l’impasse

Après huit mois et vingt-sept jours passés à Matignon, François Bayrou est tombé. Pour la première fois sous la Ve République, un Premier ministre venu solliciter la confiance de l’Assemblée nationale se l’est vue refuser.

Les causes sont claires. En juillet, Bayrou a présenté son projet de redressement des finances publiques, marqué par une austérité sévère :

  • Une cure budgétaire draconienne de 43,8 milliards d’euros d’économies dans le projet de budget 2026 ;
  • Un coup de rabot de 5 milliards sur les dépenses de santé, présenté comme un effort de « responsabilisation » des Français ;
  • Une « année blanche » pour toutes les prestations sociales, y compris les retraites, gelées sans revalorisation face à l’inflation ;
  • La suppression de deux jours fériés.

Un budget qui aurait créé davantage de précarité, à l’heure où les Français réclament plus de justice fiscale et sociale.

Derniers coups contre l’écologie et la santé publique

À quelques heures de sa démission, François Bayrou a validé une série de décrets aux lourdes conséquences pour la biodiversité et la santé. MaPrimeRénov’ a été recentrée sur les seuls logements les plus énergivores, sacrifiant des aides efficaces mais jugées trop coûteuses pour l’Etat.

Un décret a considérablement réduit la portée de la loi sur les PFAS, ces substances chimiques persistantes et toxiques surnommées « polluants éternels ». Les mesures semblent donc insuffisantes pour atteindre l’objectif de réduction de 70 % des rejets d’ici 2028 prévu par la loi.

Ainsi, les derniers jours de François Bayrou à Matignon ont aggravé la fracture écologique et sociale.

Lecornu : une autre personne, la même politique

Pour tenter de désamorcer le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre, le Président de la République a remplacé François Bayrou par Sébastien Lecornu à Matignon. Mais qu’on ne s’y trompe pas : autre personne, même politique. Une nomination qui montre la volonté d’Emmanuel Macron de garder la même politique.

Celle qui conduit à l’échec, au désordre et à l’aggravation de la crise sociale et institutionnelle.

Pour une sortie de crise par la justice sociale et fiscale

Le 7 octobre, le projet de loi de finances devra être déposé sur le Bureau de l’Assemblée nationale. Ce budget est essentiel : il conditionne la vie des associations, des collectivités, des entreprises, de tous ceux qui ont besoin de visibilité pour investir et planifier l’avenir.

Le Parti Socialiste propose un budget de rupture et de responsabilité :

  • Suspendre la réforme Macron portant l’âge de départ à la retraite à 64 ans, 66% des Français y sont favorables ;
  • Une fiscalité plus juste, avec une contribution des plus riches, à travers la taxe Zucman (2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros), 86% des Français y sont favorables ;
  • Augmenter le salaire net des salariés jusqu’à 2000 € en baissant la CSG, 79% des Français y sont favorables ;

À Nanterre, nous affirmons que l’adoption d’un véritable budget de justice sociale et fiscale est un choix politique décisif. C’est la condition sine qua non pour que nos collectivités puissent maintenir des services publics de qualité et renforcer le soutien aux associations qui en ont plus que jamais besoin.

Sans des décisions budgétaires justes, les mairies seront contraintes, les associations fragilisées, et ce sont les habitants qui en paieront le prix, alors même que ces structures sont essentielles à la vie de notre ville et au quotidien de chacun.

Sans justice sociale, fiscale et écologique, sans mesures pour le pouvoir d’achat, les mêmes causes provoqueront les mêmes effets.

Joseph NONGA

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